Phobie scolaire : mon enfant n'aime pas l'école

“J’aime pas l’école ! ”: que faire pour l’aider ?

“J’aime pas l’école !” Ils sont, semble t-il, de plus en plus nombreux les enfants qui souffrent de phobie scolaire, de troubles anxieux, juste de peur…De façon générale, beaucoup trop de jeunes scolarisés n’aiment pas l’école. C’est ainsi que les parents dépassés décrivent le problème. Ils ne peuvent pas comprendre pourquoi ce haut lieu de socialisation devient une source d’angoisse permanente pour les adolescents.

Pourtant…en y réfléchissant bien, on s’aperçoit à quel point l’école actuelle est l’endroit par excellence où se livre une compétition intense, difficile à supporter.

Quelles sont les causes de ce refus, de cette démotivation, voire de cette phobie scolaire ? Comment aider le jeune à y faire face ? Un mois après la rentrée des classes il est temps de faire le point.

Diverses causes au refus scolaire

C’était mieux avant

D’abord il faut bien comprendre que le statut d’écolier a bien changé. Autrefois, l’école n’était qu’une petite parenthèse dans la vie. Elle n’était obligatoire que jusqu’à 13 ans. Les jeunes n’avaient donc qu’à prendre leur mal en patience. Ainsi ceux qui n’aimaient pas leur scolarité repartaient ensuite tranquillement vers une vie plus active. Actuellement, on passe un grand nombre d’années sur les bancs de l’école et de la fac.

Depuis peu, les enfants commencent même leur parcours à 3 ans ! Ils sont coupés de leurs parents, de leur maman. A la clé, anxiété scolaire et crises de panique souvent inévitables.

Ces enfants sont fragilisés par l’angoisse de l’école et de la séparation.

Les parents encouragent le stress de l’école

Oui les parents sont aussi stressés et tendus que leur progéniture ! Ils répètent sur tous les tons que sans le bac point de salut, ils supportent et encouragent le marathon qui se met en place dès la maternelle. Ils sont prêts à payer des cours particuliers à partir des petites classes.

A peine la porte de la maison ouverte, ils demandent à leur fils ou leur fille comment s’est passée la journée de cours ! De bons résultats débouchent sur des récompenses, de mauvais, sur diverses punitions.

L’école : déstabilisante et peut être inadaptée à ses publics

Comme on l’a souligné plus haut, la compétition fait rage, les choix scolaires sont précoces et exigent de se spécialiser de plus en plus tôt. Les enfants au cours de leur cursus commencent à s’affoler et se sentent pressurés par la structure scolaire et leur parcours du combattant.

Les cours dispensés ne s’adressent pas aux jeunes surdoués, hyperactifs, ou démotivés car leurs résultats sont mauvais en classe. De fait, ils s’ennuient tous et se demandent ce qu’ils font là.

On peut ajouter à cette catégorie d’enfants ceux qui sont phobiques socialement, hyper timides et terrorisés dès qu’une question leur est posée. Les effectifs surchargés interdisent une prise en charge adaptée de leurs difficultés.

Phobie scolaire : des solutions existent

Vous, parents, jouez un rôle fondamental pour dissiper ce mal-être.

Soigner la phobie scolaire par le dialogue

  • Une des premières actions que vous pouvez mettre en place, c’est de rencontrer les enseignants pour discuter avec eux de l’absence de motivation de votre petit. Cela vous permettra de leur exposer d’éventuels problèmes familiaux et de comprendre ce qui se passe en cours.
    L’enfant se sent-il stressé par les examens ?
    Est-il mal accepté dans sa classe ?
    Harcelé ?
    Une collaboration est essentielle pour mettre en place une stratégie d’aide. 
  • Écoutez, parlez avec votre enfant. Essayez de lire à travers ses mots parfois maladroits. Si vous supposez un problème physique ou moral, consultez un médecin, voire un pédopsychiatre. 
  • Rapprochez-vous d’associations de parents connaissant ce même type de difficultés. L’entraide est indispensable dans ce cas. 
  • Apprenez à l’enfant à être actif dans sa vie. En effet, les jeunes sont souvent surprotégés ( par vous ) et n’apprennent pas la valeur de l’effort : il faut tout, tout de suite, sinon on laisse tomber. De ce fait, encouragez leur participation à des activités ! Faites les travailler en groupe et ne faites pas apprendre par cœur des choses qu’ils ne comprennent pas. Il faut valoriser l’interactivité ! Réciter des devoirs n’est pas vraiment passionnant ! Devenez le coach de votre enfant ! Intéressant, motivant et motivé !

Passez à l’action face au stress de l’école

  • Faites cesser cette scission école/ vie : faites jouer vos enfants en dehors de la classe et encouragez les jeux éducatifs (même les jeux vidéos). Par exemple, demandez à votre enfant de calculer la somme que vous avez dépensée dans vos courses et pas grave si il se trompe !
  • Soyez attentif à votre propre bien-être de parent. Si vous vous sentez mal dans votre peau, l’enfant le sentira ! De la même manière ne réglez pas vos comptes avec votre conjoint : votre enfant ne doit pas être la raison/le prétexte de disputes dans le couple. Ne vous renvoyez pas la balle et n’accusez pas l’autre d’être la source du problème. Une atmosphère détendue est essentielle pour les enfants.
  • Soyez zen et serein, faites lui confiance : votre enfant était nul en math l’année dernière ? Pourquoi le serait-il cette année ? Ne l’angoissez pas avec vos propres angoisses. Il aura lui même peur de vous décevoir. Et partira tendu. Votre fils est le jeune qui fait rire toute la classe ? Qui se fait virer à tous les cours ? Et si le problème était justement son manque de confiance en lui qui le pousse à jouer ce rôle ? En fait, il ne comprend pas ce qu’on lui dit ! Il a peur de votre regard et de celui des autres. Il faut l’aider, dédramatiser, pas le punir. L’ENA n’est pas faite pour tous les enfants ! Puisque l’école ne lui plait pas plus que cela, il n’est pas obligé de s’infliger de grandes études !

Pour résumer : “j’aime pas l’école” ! relève souvent du blocage. Si vous le voulez, vous pouvez vraiment aider l’enfant à franchir ce cap. Une fois exclues les raisons d’ordre médical ou psychiatrique, il en reste bien d’autres, souvent justifiées et encouragées par vous, la société, les profs. Il faut les faire disparaître ou les banaliser.

L’école ensuite n’est pas un terrain de compétition. Si tous les autres enfants ont 15 et le vôtre 7, encouragez-le ! Ça ne sert à rien de l’enfoncer. Soutenez-le, donnez lui une image positive de lui-même. Donnez lui envie de réussir et montrez lui que vous l’aimez. 

Enfin, encouragez ses talents extra scolaires, sportifs, musicaux… Cela stimule des zones cérébrales qui aident au bon développement de l’enfant.

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