Comment développer l’autonomie des enfants

Les tout-petits aspirent naturellement à l’indépendance et au contrôle de leurs occupations. A vous donc, adultes, de favoriser l’autonomie de vos enfants. Préparez les à affronter n’importe quelle épreuve et à se gérer au quotidien. 

Cet apprentissage de l’autonomie chez l’enfant est primordial. Il permet en effet au jeune de savoir se prendre en charge et de construire sa personnalité au fil du temps.

C’est par l’acquisition de l’autonomie que l’enfant sera capable de savoir qui il est, qu’il développera une conscience de ce qui est bien et de ce qui est mal. Il apprendra à avoir confiance en lui et en ses décisions. 

Surprotéger un enfant c’est le risque d’en faire un adulte inadapté qui ne saura pas faire face aux angoisses du quotidien. Vous ne désirez pas cela n’est ce pas ?

Alors comment développer cette autonomie chez les enfants ?

Le développement de l’autonomie chez l’enfant

“Non! Je veux pas !” Nous avons tous entendu des tout-petits hurler cette phrase avec une détermination sans faille. Ils tenteront par tous les moyens, souvent bruyants,  de communiquer et de revendiquer leur autonomie. Aux yeux d’un bambin, une grande partie du monde est hors contrôle. Il ne décide pas de ses sorties ni de ce qu’il mange, ni de ceux avec qui il interagit.

Les enfants vont vouloir initialement atteindre leurs objectifs face aux adultes qui se mettent dans leur chemin. C’est déjà un signe de leur attirance pour l’indépendance ! 

Entre un et trois ans, les enfants connaissent un développement rapide dans tous les domaines. Au fur et à mesure que leurs compétences cognitives progressent, ils distinguent les causes des effets, ils expérimentent l’impact de leurs actions sur leur environnement (c’est-à-dire ce qui se passe si je jette ma tasse par terre). Parallèlement à ce développement cognitif, ils affinent leurs habiletés motrices et contrôlent leur corps de mieux en mieux. Ils deviennent de plus en plus curieux…Tous ces éléments combinés font de l’enfant un être vraiment impatient de contrôler le monde qui l’entoure. 

Déjà à 5 ans, le bambin est capable de prendre en charge et d’organiser quelques occupations relativement simples. 

A 7 ans il a compris et assimilé bien des notions. Celle du bien et du mal qui lui ont été communiquées par le monde adulte. Il sait prendre en charge des tâches de soutien, il se gère souvent seul et met en place des relations interpersonnelles.

Plus vous serez à son écoute et un guide pour lui, plus vite il progressera et se sentira rassuré. N’oubliez pas que chaque enfant est unique par contre ! Si le petit frère à 5 ans est capable de s’habiller seul, ne stigmatisez pas celui de 6 si il n’y parvient pas ! Chacun son rythme.

Un petit tableau pour vous aider à y voir plus clair.

Comment favoriser cette autonomie  des enfants ?

Créer des opportunités

Vous pouvez créer des opportunités pour votre enfant. Il aime préparer ou choisir son goûter lui même ? Placez ses biscuits favoris ( son chocolat, son fromage…) sur une étagère à sa portée. Il pourra alors choisir de se servir lui même. Laissez le s’exercer à se brosser les dents.

Une idée qui est pour vous frustrante mais très constructive : laissez votre enfant jeter ses affaires sur le sol ou retirez vous même tous les livres de sa bibliothèque. Cette étape franchie,  modélisez les compétences utiles pour lui demander de l’aide dans le rangement des objets répandus sur le sol.

Donnez lui des tâches

Les tout-petits sont souvent pleins d’énergie.  Donner à votre enfant des tâches à accomplir peut canaliser cette énergie débordante et lui apportera également un sentiment d’indépendance et d’autonomie. Vous pouvez demander à votre enfant d’aider à porter de petits paquets à la maison, de plier le linge, de nourrir le chien…Tout comme les adultes ressentent un sentiment de satisfaction après avoir accompli une tâche difficile, votre bambin se sentira accompli et fier !

De plus, il apprendra ainsi aussi à se débrouiller tout seul et éventuellement également à utiliser des ressources extérieures pour ce faire.

Laissez lui des choix

Ne tombez pas dans ces travers : une grande partie de la vie d’un tout-petit vous voulez la contrôler ! Non ! C’est une attitude néfaste pour lui.  Chaque fois que vous pouvez donner le choix à votre progéniture, faites le ! Elle sera fière et en parallèle développera des compétences décisionnelles. Que l’enfant range avant ou après le repas, comme il le veut ! Qu’il porte un pull vert ou sa chemise blanche ! Oui il peut ne pas manger de compote au goûter ! 

Certes il y a des limites à mettre en place dans l’autonomie des enfants pour éviter un danger ( traverser la route seul par exemple ). Mais en expliquant ( ici le danger ) vous dirigez le bien fondé des actions. Il fait froid ? Exposez que l’option manches courtes de la chemise est mauvaise et proposez des vêtements à manches longues entre lesquels il va trancher.

N’obligez pas votre enfant non plus à “subir” vos câlins en permanence ! C’est vraiment une atteinte à son intimité et à sa liberté. Votre enfant n’est pas votre chose ! 

Pour favoriser le choix, aiguisez sa curiosité : faites lui découvrir de nouvelles choses, amenez le dans une ludothèque choisir un jeu, un bibliothèque, prendre un livre qui lui plait. 

Reconnaissez, nommez ses émotions

Les tout-petits sont facilement frustrés lorsqu’ils ne parviennent pas à terminer une tâche et font ce que nous appelons des “ caprices”.

Afin d’aider l’enfant à développer des habiletés d’adaptation émotionnelle sociale positive, enseignez lui à exprimer “correctement” ses émotions. Il pleure : il ne peut donc pas retirer le couvercle d’une tasse. Réconfortez le ! Proposez lui de l’aide. Il hurle et trépigne : décrivez son comportement en nommant son état. “Tu es tellement en colère que tu tapes tes pieds par terre. Mais ce n’est pas un problème tu sais d’être en colère, c’est nécessaire parfois“. Montrez à votre enfant que vous lui laissez le temps de s’exprimer et que vous êtes là non pour réprimer ou faire cesser l’action mais pour réconforter après. 

Dans la même optique, laissez le répondre lui-même aux questions qu’on lui pose ! 

Apprenez lui à positiver et ne le stressez pas

Confortez le tout le temps dans l’optique qu’il est capable de faire telle ou telle action ( adaptée bien entendu. Vos attentes sont toujours réalistes bien sûr ! ).

Vous permettrez ainsi de développer la confiance et l’autonomie de vos enfants. “Tu peux le faire”, “tu l’as déjà fait” ! Quand il réussit son challenge, félicitez le ! Ne laissez pas l’angoisse vous guider si il monte sur un muret. Oui il peut tomber, certes. Et alors ? Très important en effet : si il rate ( et tombe dans notre exemple ), mettez l’accent sur les étapes réussies, soulignez la progression dans sa maîtrise ! Faites lui comprendre que l’échec fait partie du processus d’apprentissage de l’autonomie. 

De même ne bloquez pas sur le temps de réalisation des actions : certains enfants sont plus longs que d’autres ! Ne faites pas à leur place car vous êtes agacé ! Certains apprennent moins vite et par contre ensuite seront super efficaces et rapides une fois les notions intégrées.

Ne le surprotégez pas !

Non le monde n’est pas pire que quand vous aviez 20 ans, non ce n’est pas une horrible jungle ! Ne faites pas tout à sa place !

Il a besoin de faire des erreurs, de faire des faux pas et surtout d’apprendre ! Que fera-t-il le jour où vous ne serez pas là ? Vous pouvez être obligé de vous absenter, d’aller à l’hôpital…Et votre Lulu sera dans l’incapacité de se faire à manger, de choisir une occupation…Il ne saura pas où trouver des pansements si il se fait mal, il sera en stress absolu, incapable de décider ! C’est ce que vous voulez pour lui dans une société où la compétition est quand même rude ?

Un enfant assisté est un enfant qui ne sait pas se battre, qui n’est motivé par rien puisque vous choisissez à sa place. Même dans ses études il vous laissera faire ! Rien ne peut vraiment l’intéresser non plus, il ne sait pas ce qui lui plait. Il sait juste que papa et maman paient et sont là pour venir le chercher. Et non ce n’est pas une caricature !

Montrez au contraire à vos petits que vous avez confiance en eux ! Donnez à vos enfants des occasions d’expérimenter leur autonomie :  un véritable atout pour faire naître le sentiment de maîtriser corps, esprit et environnement. Un enfant autonome développera une pensée indépendante et critique, sera motivé et pugnace ! 

Aidez votre petit à traverser toutes les épreuves, dites lui toujours «Je sais que tu peux le faire. Je sais que tu le peux !”



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